RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

LES CONSEQUENCES SUR LA SANTE HUMAINE

Le changement climatique a des effets très négatifs sur l’écosystème, mais on connaît moins ses conséquences sur la santé humaine. Directes ou indirectes, elles sont particulièrement inquiétantes pour les années à venir, où l’on prévoit une hausse importante des températures.

MALADIES INFECTIEUSES VECTORIELLES

L’augmentation des températures, ainsi que les fortes pluies, sont propices au développement des insectes vecteurs de maladies.  Ceux-ci n’ont plus de pause dans la reproduction et prolifèrent dans ces conditions qui leur sont favorables. Les 250 espèces de moustiques Aedes, dont le redoutable moustique tigre, sont en expansion mondiale depuis plusieurs années. Les tiques, qui causent des encéphalites, ont besoin de température élevée pour survivre.

STRESS MENTAL POST-TRAUMATIQUE

Dès 2007, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) avait établi que les maladies liées au stress se multiplieraient à cause du changement climatique. En 2050, on estime que le nombre de réfugiés climatiques sera de 250 millions de personnes. Il est surtout dû à la destruction des logements, à l’élévation du niveau des mers, à la chaleur, et indirectement à la ruine économique. Ces mouvements massifs de population comportent des risques sanitaires telles que les maladies mentales, le stress thermique et stress pandémique, les envies suicidaires. Une étude menée aux Etats-Unis et au Mexique a déjà établi une corrélation nette entre la hausse des températures et le taux de suicide.

PATHOLOGIES RESPIRATOIRES ET DIGESTIVES

L’effondrement de la biodiversité et la pollution ont bien évidemment des conséquences sur notre santé. Des études qui ont été menées sur les animaux ou encore les éponges démontrent que la modification du climat et l’acidification des océans et de l’air ont un impact très négatif sur le microbiome. Chez l’humain, cela causerait des pathologies comme les maladies inflammatoires de l’intestin, l’obésité, le diabète…Alors que nous pensions être à l’abri de certains agents pathogènes, la fonte des calottes glaciaires libère des vieilles maladies et modifie la propagation des virus, bactéries et parasites actuels.

CES MALADIES QUI REFONT SURFACE

Certaines maladies dont nous pensions être à l’abri depuis des années refont surface et les agents pathogènes actuels risquent de se propager de plus en plus. En voici quelques exemples :

L’Anthrax

La hausse des températures a réveillé une bactérie mortelle, présente dans la carcasse d’un renne congelé depuis 75 ans dans le Grand Nord russe. La maladie du charbon, appelé anthrax, a provoqué la mort d’un enfant de 12 ans, contaminé 21 personnes et tué 2000 rennes en ce été 2016, alors qu’aucune trace de la maladie n’avait été observée depuis 1941.

Le virus Zika

Quasiment inoffensif chez l’adulte, le virus Zika peut avoir des conséquences dramatiques sur le fœtus lorsqu’il touche une femme enceinte. Le principal vecteur de la maladie est le moustique Aedes aegypti, qui transporte également la dengue et le chikungunya. Cet insecte se trouve principalement dans les zones tropicales en Amérique centrale et du Sud, en Asie du Sud et dans certaines régions d’Afrique. Mais à cause du réchauffement climatique, il pourrait trouver d’autres pays tout aussi accueillants.

La maladie de Lyme

Tout comme les moustiques, les tiques pourraient se déplacer vers des pays qui se réchauffent, en transportant leur lot de maladies, comme la maladie de Lyme. En supposant que la planète continue de se réchauffer, les tiques ont 213% de probabilité de remonter des Etats-Unis vers le Canada en 2080, d’après une étude publiée par la revue Ecohealth, citée par Live Science. Même constat partout dans le monde : elles risquent de remonter de la partie méridionale de l’Europe vers le nord.

Le choléra

Cette infection intestinale aiguë provoquée par la bactérie Vibrio cholerae sévit principalement dans les régions intertropicales. Des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont prouvé la corrélation étroite qui existe entre les manifestations de cette maladie et les différents paramètres liés aux variations du climat, notamment en Afrique de l’Ouest. Les scientifiques espèrent ainsi réussir à créer un « modèle prédictif » afin d’améliorer la prévision des risques et d’anticiper l’émergence des foyers infectieux pour mieux protéger la population.

Sources : Lelynx.Fr et Santé Magazine