FORUM OACI-UGAACO SUR LA CERTIFICATION DES AERODROMES MEMBRES DE L’UNION : LES GESTIONNAIRES INVITES A CERTIFIER LEURS AEROPORTS

Du 19 au 21 novembre 2019 s’est tenu à Dakar au Sénégal, le forum de l’Union de gestionnaires d’aéroports de l’Afrique du Centre et de l’Ouest (UGAACO) et de l’organisation internationale de l’aviation civile (OACI).

Cette rencontre qui a vu la participation de la SODEXAM à travers son Directeur général Jean-Louis MOULOT et de son Directeur Développement des Projets, Nestor GNAHOUI, s’inscrit dans le cadre des résolutions de la conférence ministérielle d’Abuja qui à la suite de la révision de 2015 a invité les gestionnaires des aéroports à la certification d’au moins un des aéroports internationaux dans chaque état d’ici fin 2020 et la certification de tous les aéroports ouverts aux vols internationaux dans chaque état d’ici 2022.

Cette initiative découle du faible taux de certifications des aéroports des pays africains et ceux de l’union en particulier, qui enregistre un taux de conformité de 29% pour les aérodromes et 48% pour les états africains.

Ce forum visait donc à sensibiliser l’ensemble des gestionnaires d’aéroport sur les enjeux de la certification, à faire l’état de la mise en œuvre de la certification des aérodromes à la date du forum, à mettre en place une stratégie commune pour accompagner l’ensemble des aéroports membres de l’UGAACO dans le processus de certification et à résorber le retard constaté dans la réalisation du programme de certification. Les envoyés de la SODEXAM ont au cours de cette mission rencontrer les experts du bureau régional de l’OACI et les États (Autorités de l’aviation civile et exploitants) membres de l’UGAACO en vue d’approfondir les connaissances sur le processus de certification OACI des aérodromes. Ils ont surtout pris connaissance des défis rencontrés dans le processus de certification afin de bénéficier du retour d’expérience des aéroports certifiés. La première journée de ce forum a été dédiée aux fondamentaux de la certification, la présentation des problèmes que rencontrent les exploitants à travers un état des lieux et les mesures de mitigation. En sa qualité d’expert des aérodromes et de l’aide au sol (AGA) au bureau régional de l’OACI, M. Nika Manzi a animé ce forum à travers des présentations portant sur plusieurs points, notamment l’état des lieux sur la certification des aérodromes en Afrique, la situation des aéroports membres de l’UGAACO, le processus de certification des aérodromes et les responsabilités des parties prenantes.

Sur 189 aérodromes répertoriés dans le plan de navigation aérienne dans les 54 états africains, seuls 54 aérodromes sont certifiés AOCI, soit un taux de conformité de 29%. Au niveau des états, le bilan fait état de 26 états qui ont pu certifier au moins un aérodrome, soit un taux de de conformité de 48%. Les pays membres de l’UGAACO au nombre de 16, disposent de 41 aérodromes publiés dans le plan de navigation aérienne, et seuls 7 états sont certifies soit, un taux de conformité de 17%. Au niveau des états, 7 ont pu certifier au moins un aérodrome, soit 43% de taux de conformité.

En conclusion, ces 7 pays se trouvent dans la capacité à certifier des aérodromes ; par conséquent peuvent faire bénéficier d’autres états de cette compétence ; d’où la recommandation en matière de mutualisation des efforts. Il faudrait donc utiliser ces capacités pour continuer à certifier les aérodromes, nous souligne l’expert. Il faut souligner que les causes de ce retard sont multiples et variées d’une région à l’autre.

La délivrance d’une certification à un aérodrome signifie pour les exploitants d’aéronefs et les autres organisations qui utilisent cet aérodrome, qu’au moment de la certification il répondait aux spécifications concernant les installations et l’exploitation technique et que, selon l’autorité de certification, il est capable de continuer à y répondre pendant la période de validité du certificat.

La certification définit aussi la base de référence (contrat entre l’autorité de l’aviation civile et l’exploitant d’aérodrome) pour la surveillance continue de la conformité aux spécifications. La certification des aérodromes est une des composantes de la sécurité, et de façon globale de l’aviation civile. Cette sécurité est reflétée par les résultats des audits OACI. L’expert de l’OACI souligne que les activités de certification, de surveillance et de résolution des problèmes de sécurité occupent les deux tiers du questionnaire de relatif au protocole d’audit de l’OACI. Par conséquent, les aérodromes non-certifiés courent le risque d’obtenir un taux de conformité en dessous de 30%, d’où l’importance de la certification.

Les deuxième et troisième journée ont porté sur le cadre établi par l’OACI dans la région pour canaliser les énergies de l’ensemble des acteurs vers la certification et sur les questions relatives aux questions de sécurité en générale. En ce qui concerne ce dernier aspect, l’expert de l’OACI a parlé des évolutions des plans de navigation aérienne et des plans pour la sécurité de l’aviation qui sont deux documents en la matière qui gouvernent la politique au niveau mondial dont découle la politique au niveau régional et national.

Le projet du Plan AFI a pour but d’accompagner les états dans la certification des aérodromes. Le mandat de l’OACI consiste à apporter de l’assistance aux États à travers le plan AFI afin de permettre aux États d’atteindre leurs objectifs. Ce projet a été lancé en 2016 et vise à assister les états à certifier au moins un aéroport international. En accompagnant un état dans la certification d’un aéroport, l’OACI aide au même moment cet état à acquérir les capacités de certifications afin d’être à même de continuer la certification des autres aéroports. Ces objectifs relèvent du constat de problèmes majeurs tel que la faiblesse des autorités de l’aviation civile à conduire à bien ces mécanismes, et l’importance de la défiance des exploitants. Ce projet a donc été pensé pour inclure les deux acteurs principaux, l’autorité de l’aviation civile et les exploitants. Les états bénéficiaires sont les états de la région AFI. La durée moyenne du projet du début jusqu’à la certification, est de 18 mois. Le projet est financé par le budget du plan AFI (environ six millions par aéroport) et par la BAD.

Vu l’important retard accusé par les aéroports dans le processus de certification des aérodromes sur l’ensemble des pays africains, il a été demandé aux aéroports champions de soutenir les autres aéroports dans cet élan de solidarité qui caractérise l’UGAACO. La réunion a rappelé aussi la nécessité pour les retardataires d’entrer dans le processus de certification et de s’attacher des services de la communauté UGAACO, aussi les États et les parties prenantes doivent collaborer pour atteindre les objectifs cibles de sécurité de l’aviation d’Abuja qui sont :

Un engagement accru des membres de l’UGAACO, la formation du personnel le renforcement des capacités, l’assistance mutuelle entre les états et la coopération régionale.

Pour accompagner les états, notamment à travers l’autorité de l’aviation civile et les exploitants dans le processus de certification l’OACI a mis en place le projet du PLAN AFI pour la certification principalement développée pour accompagner les états et projet sur la mise en œuvre du SSPS et du SMS pour l’autorité de l’aviation civile, familière avec les missions classiques d’assistance du bureau régional de l’OACI.

À la fin du forum, l’ensemble des participants ont lu et adopté le projet de décision portant sur l’engagement des aéroports certifiés à aider les aéroports dans l’attente de la certification.